La voiture électrique est l'avenir du parc automobile mondial ou, du moins, c'est ce qu'on nous raconte. La tendance à l'achat d'un véhicule électrique s'est intensifiée ces derniers mois, en grande partie en raison de la hausse du prix des carburants traditionnels (diesel et essence), qui a grimpé en flèche avec les tensions au Moyen-Orient.
Cependant, bien qu'au début la voiture électrique ait été encouragée par des rabais et des incitations fiscales, la demande croissante pour ce type de véhicule semble obliger les gouvernements à réduire ces aides, ainsi qu'à étudier l'arrivée de nouvelles taxes qui les frapperaient.
En effet, si la voiture électrique s'impose définitivement par rapport aux véhicules thermiques, les caisses publiques verront leurs recettes issues des taxes sur les carburants chuter drastiquement. C'est pourquoi de nouvelles voies sont déjà recherchées pour remplacer cette collecte fiscale.
Le Royaume-Uni, à l'avant-garde des taxes sur l'électrique
Bien que le Royaume-Uni ne fasse plus partie de l'Union européenne, Bruxelles ne quitte pas son évolution des yeux et tiendra compte de la nouvelle mesure annoncée pour ses véhicules électriques.
Le gouvernement britannique a annoncé qu'à partir d'avril 2028, toutes les voitures électriques et hybrides rechargeables de son parc automobile devront payer une taxe par mille parcouru (une sorte de « taxe au kilomètre »). En revanche, les camionnettes électriques en restent exemptées pour le moment.
Cette taxe, appelée Electric Vehicle Excise Duty (eVED), prévoit de collecter 3 pence par mille parcouru pour les voitures 100 % électriques et 1,5 penny pour les hybrides rechargeables. En monnaie européenne, cela équivaudrait à environ 2,4 centimes d'euro par kilomètre dans le premier cas et 1,2 centime dans le second. Pour un véhicule parcourant 10 000 kilomètres par an, la facture frôlerait les 100 €.
Les autorités britanniques ont informé que ce tribut sera vérifié lors des contrôles techniques obligatoires (le contrôle technique britannique) ou lors de contrôles aléatoires. Les conducteurs devront communiquer une estimation des kilomètres prévus dans l'année afin que l'organisme compétent puisse calculer le montant à payer. Si, lors du contrôle ultérieur, le kilométrage réel diffère de l'estimation, la différence sera régularisée avec le contribuable.
Cette mesure arrivera-t-elle en Europe?
Pour l'instant, il n'est pas prévu que cette mesure s'applique en Europe, mais il est bien connu que Bruxelles cherche des formules pour atténuer la perte de recettes fiscales liée à l'augmentation des immatriculations de véhicules électriques.
Si l'on prend l'exemple de l'Espagne, de nombreuses municipalités ont déjà réduit leurs réductions pour les véhicules électriques, en supprimant ou en diminuant les abattements sur la taxe de circulation et dans les zones de stationnement payant.
D'un autre côté, le gouvernement a mis fin au très critiqué Plan MOVES — où l'acheteur avançait une somme dont le remboursement pouvait prendre des mois — pour laisser place à un système d'aides plus directes applicables au moment de l'achat, bien qu'avec des limites :
- Elle ne s'applique pas si le prix du véhicule dépasse 45 000 €.
- Si le prix oscille entre 35 000 € et 45 000 €, la remise est moindre.
- Le montant varie selon qu'il s'agisse d'un véhicule 100 % électrique ou d'un hybride rechargeable.
De même, une déduction de 15 % sur l'impôt sur le revenu (IRPF) pour l'achat de ce type de véhicule est maintenue, avec un plafond de 20 000 € (ce qui fixe le plafond de déduction à 3 000 €).
Droits de douane sur les hybrides et électriques non européens
Un autre casse-tête pour le marché européen est l'arrivée massive de véhicules chinois. Des marques comme Omoda, Jaecoo, MG ou BYD proposent des prix extrêmement compétitifs par rapport aux constructeurs européens (tels que Volkswagen, Mercedes ou Renault) ou à d'autres géants internationaux comme Tesla ou Toyota.
En octobre 2024, l'Europe a imposé des droits de douane sur les voitures 100 % électriques en provenance de Chine afin d'aligner leurs coûts sur ceux du marché local. Cependant, les marques asiatiques ont rapidement décelé une faille dans la réglementation : les hybrides rechargeables restaient soumis au tarif douanier standard de 10 %, sans surtaxes extraordinaires.
Cela a provoqué un changement de stratégie et un report massif des exportations vers les véhicules PHEV (hybrides rechargeables). Par exemple, BYD a fait exploser ses ventes en Allemagne en immatriculant en un seul mois plus de 4 000 unités PHEV (70 % de ses opérations), contre 30 % de véhicules purement électriques.
Face à cela, l'Union européenne prévoit d'élargir ces droits de douane protectionnistes. À titre d'exemple, le groupe SAIC (maison mère de MG) subit une surtaxe additionnelle de 35,3 % (atteignant un taux total de 45,3 %), tandis que BYD supporte un taux global de 27 %.
En définitive, l'engagement institutionnel en faveur de la mobilité électrique pour remplacer le thermique reste d'actualité, mais il semble inévitable que les avantages fiscaux et réductions diminuent à moyen et long terme. Si le parc automobile devient entièrement électrique, l'administration devra trouver de nouvelles sources de revenus pour financer les infrastructures et compenser le manque à gagner issu des taxes sur les carburants.
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